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Après des tromperies sur l'huile d'olive, les conseils d'un professionnel pour ne pas se faire avoir sur la marchandise

Mis à jour le 31/08/2018 à 17:24 Publié le 21/08/2018 à 19:34
Les olives du moulin de Castellar, dans l'arrière-pays mentonnais.

Les olives du moulin de Castellar, dans l'arrière-pays mentonnais. Photo C.D.

Après des tromperies sur l'huile d'olive, les conseils d'un professionnel pour ne pas se faire avoir sur la marchandise

Attirés par l'appât du gain, certains commerçants n'hésitent pas à vendre de l'huile étrangère comme une production française locale. En suivant quelques conseils, il est pourtant facile de démasquer la supercherie.

Ils ont été épinglés tout récemment par l'Association française interprofessionnelle de l'olive (AFIDOL). Sur les marchés des Alpes-Maritimes et du Var, des commerçants ont été filmés, en caméra cachée, présentant de l'huile comme locale... et qui ne l'était pas. 

>> RELIRE. "De véritables tromperies": une caméra cachée révèle les arnaques de certains commerces sur l'huile d'olive

Membre de l'association et chargé de la qualité des huiles au Centre technique de l'olivier (CTO), Christian Pinatel nous livre ses conseils. 

1. L'éTIQUETTE

C'est le critère le plus important. "Dans les magasins touristiques ou sur les stands des marchés, il suffit de regarder si les logos Origine France ou Produit de France figurent sur l'étiquette", commence Christian Pinatel. 

S'ils n'y sont pas, c'est mauvais signe. Pourtant, certains seront rassurés de voir la mention Origine Union européenne. "Les commerçants vous expliquent que la France fait partie de l'U.E. et qu'il est normal que cette mention figure sur l'étiquette. Mais elle ne les retient pas de vendre de l'huile espagnole et de la présenter comme locale", avertit l'expert. 

Il est fréquent aussi que ces "margoulins", comme les appelle Christian Pinatel, présentent leur huile comme un assemblage: "Ils seraient obligés de compléter leur huile niçoise avec une huile italienne, par exemple, à cause d'une production prétendument un peu faible cette année. Mais ces assemblages ne sont pas rentables pour eux, ils n'existent tout simplement pas."

L'Appellation d'origine protégée (A.O.P.) est-elle une garantie supplémentaire? Oui et non. Depuis 1992, le label identifie les huiles produites, transformées et élaborées dans une aire géographique déterminée, mettant en œuvre le savoir-faire des producteurs locaux et des ingrédients de la région concernée.

A titre d'exemple, l'huile d'olive dite "de Nice" est une A.O.P. Elle provient exclusivement d’olives de la variété Cailletier, qui ne mûrissent pas toutes en même temps et assez tard en hiver. La production de cette huile est particulièrement contrainte. "Mais, de toute façon, 90% de l'huile française est produite dans la région niçoise", nuance Christian Pinatel. 

2. LE GOÛT

Les consommateurs plus avertis pourront s'amuser à la dégustation. "Une huile trompeuse a le même goût que celle des grandes surfaces. Elle vient souvent d'Espagne ou de Tunisie", tranche le professionnel de l'olive. 

L'huile de Nice est "douce, avec une amertume modérée, aux arômes d'amande fraîche et de fleur de genêt", détaille l'expert. L'huile voisine de Provence est plus diverse: "La verte a des notes d'artichaut et de banane verte, tandis que la noire présente des accents de cacao."

Dans les commerces, les membres de l'AFIDOL n'hésitent pas à y mettre du leur. Lorsque l'huile d'olive provient d'un autre pays, les producteurs la signalent à la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF). Mais lorsqu'ils ne trouvent pas son origine sur place, ils procèdent à une analyse chimique

"C'est notre spécialité depuis dix ans, note Christian Pinatel. Nous utilisons la composition de l'huile pour déterminer sa provenance. La proportion de chacun de ses 33 composants est croisée dans notre base de données et nous procédons à des rapprochements." 

3. LE PRIX

Avec un cours de l'huile d'olive vierge extra espagnole à 2,50 euros le kilo, "la bouteille premier prix est revendue en magasin aux alentours de 4,50 euros". En comparaison, le litre d'huile française "est à un prix de gros plancher d'environ 12 euros et peut être vendu au consommateur à des prix oscillant entre 15 et 25 euros"

Alors l'huile vendue à un prix élevé est-elle plus fiable que l'huile bon marché? "On ne peut pas s'y arrêter, avertit l'expert. Comme l'huile frauduleuse est présentée comme locale, elle est tout aussi chère. C'est d'ailleurs ainsi que les commerçants se font une marge considérable." 

L'AFIDOL a procédé à une évaluation de la fraude pour les producteurs lésés. "La production annuelle d'huile française est d'environ 5.000 tonnes, ce qui représente 4 à 5% de la consommation nationale. Par rapport à notre production, il y aurait entre 2.000 et 3.000 tonnes d'huile étrangère vendue comme de l'huile française", estime Christian Pinatel. 

Un manque à gagner considérable, qui représenterait ainsi près de la moitié du chiffre d'affaires annuel de la production française. 

>> RELIRE. Tromperie sur l'huile d'olive : des commerçants épinglés

à partir de 1 €


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