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mercredi 20 août 2014

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Publié le  - 4
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Winnie, l'héroïne de Beckett, est un personnage que Catherine Frot sent proche d'elle. « Elle n'est pas loin d'un grain de folie et en même temps, elle est lucide. »
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L'actrice préférée des Français revient sur les planches dans le chef d'oeuvre de Samuel Beckett "Oh les beaux jours" qu'elle jouait ce week-end au Théatre National de Nice

Bien qu'elle ait débuté sur les planches très jeune, le cinéma a beaucoup accaparé celle qui est aujourd'hui une des actrices préférées des Français, notamment depuis Un Air de famille et ce personnage de Yolande qui lui colle à la peau (« C'est mon tube !» nous dit-elle en riant). Cela faisait plus de vingt ans, qu'elle n'avait pas tourné en province avec une pièce de théâtre. Retrouver l'atmosphère des tournées après tout ce temps et pour ce texte-là la comble de bonheur, comme elle nous l'a confié avant de monter sur la scène du TNN pour incarner Winnie…

Qu'est ce qui vous a décidé à retourner au théâtre?

La pièce. J'avais vu Madeleine Renaud la jouer quand j'avais 14 ou 15 ans et elle m'avait profondément marquée. J'avais déjà commencé les cours de théâtre à cette époque, mais cela a certainement influencé ma décision d'en faire mon métier. J'ai toujours su que je jouerai Winnie un jour, mais je trouvais que j'étais encore trop jeune pour le faire. En France, c'est un rôle qui a toujours été tenu par des actrices assez âgées. Madeleine Renaud l'a joué jusqu'à 83 ans. Du coup, on croit que c'est une pièce sur la mort prochaine alors que c'est plutôt sur le temps qui passe. Pour Winnie, la perspective de la mort est encore lointaine. Et même si elle en a déjà conscience, elle est extrêmement vivante. Je pense qu'on peut la jouer à partir de 40 ans…

Cette pièce est aussi un défi physique: seule la tête de votre personnage est visible. Tout passe par les mots…

Oui et c'est cela qui est formidable. Le texte est d'une telle richesse ! C'est aussi un challenge : il y a 80 pages et 1 h 20 de monologue poétique et abstrait à apprendre. Je l'ai travaillé pendant un an avant de le jouer. Ce texte m'a accompagné partout. Chaque fois que j'avais un moment je le reprenais. Aujourd'hui, il est bien enraciné, je peux vous dire. Je l'ai pour un moment !

Qu'est-ce qui vous séduit tellement dans le personnage de Winnie?

Comment vous dire ? C'est un rôle que je comprends de l'intérieur. Un personnage que je sens proche de moi. Sa manière de s'exprimer me parle, je me sens bien en elle. Elle n'est pas loin d'un grain de folie et en même temps, elle est lucide. Il y a en elle un mélange de conscience et d'inconscience. C'est une petite femme de rien du tout, mais ce qu'elle dit est merveilleux. Je la trouve sensationnelle ! (rires)

La pièce connaît un grand succès. Est-ce parce qu'elle a une résonance très actuelle?

Je dirai plutôt universelle. Les thèmes sont vieux comme le monde. C'est la vie et la mort. Ce qui est absolument moderne, c'est la forme, l'écriture de Beckett…

Pour vous c'est quand les beaux jours? Hier ou demain?

Les beaux jours, c'est ici et maintenant. Je suis à Nice, il fait presque beau (rires), la tournée continue jusqu'au 18 juin, ensuite il est question d'une reprise à Paris…

Vous êtes en vacances de cinéma?

Par la force des choses. Peut-être que j'avais besoin d'un peu de recul après Coup d'Eclat, qui était un film très sombre, mais que j'ai été heureuse de faire. Ce rôle de policière fait partie de ces rôles qui vous nourrissent du monde d'aujourd'hui. Je ne pouvais pas passer à côté. Mais j'ai beaucoup tourné l'année dernière et vous allez me revoir bientôt à l'écran, notamment dans Les Saveurs du Palais où je joue la cuisinière du président de la République. Je ne suis toujours pas prête à faire Top Chef, mais j'ai appris à faire illusion. Comme pour Bowling, une sympathique comédie sociale où Mathilde Seigner, Firmine Richard, Laurence Ame et moi nous retrouvons pour jouer…

Le personnage de Yolande dans Un air de famille vous colle toujours à la peau?

Il sera toujours là, je pense : c'est mon tube ! D'autres rôles comme celui d'Odette Toulemonde l'ont prolongé et complété. Il y avait en elle un mélange d'émotion et de drôlerie que j'ai eu plaisir à exploiter. Mais je me serai lassée si je n'avais pas tenté d'autres choses…

De la même façon que vous vouliez jouer Beckett, y a-t-il au cinéma des auteurs avec lesquels vous voudriez travailler?

Maurice Pialat, mais il est mort. Claude Sautet aussi. Il reste Jacques Audiard… Et Pierre Schoeller dont j'ai vraiment adoré le dernier film, L'Exercice de l'État.

Malgré le succès qui a fait de vous une des actrices préférées des Français, vous avez réussi à préserver votre vie privée. Quelle est la recette?

Je n'ai pas l'impression d'avoir à faire beaucoup d'efforts pour cela. J'ai juste évité de mettre le doigt dans le système. Je ne crois pas que nos vies privées soient très différentes des autres, ni spécialement passionnantes. L'intérêt, c'est ce qui se passe entre nous et le public au moment du film ou du spectacle. Le reste on s'en fout un peu, non ? Ce n'est pas comme si vous lisiez la biographie de Shakespeare. La résonance de sa vie privée sur son travail est intéressante et peut-être inspirante d'une certaine manière. Mais savoir que tel acteur a deux enfants et trois divorces…

Vous êtes la fille d'un ingénieur et d'un professeur de mathématiques. On imagine une éducation assez cartésienne. Qu'est ce qui vous a poussées vers la comédie, vous et votre sœur?

L'envie de nous envoler ailleurs sans doute, bien que mon père ait beaucoup de fantaisie… J'ai toujours été attirée par les métiers artistiques. J'étais une enfant assez contemplative, mais excitée comme une puce. Je n'arrivais pas à rentrer dans l'idée d'un métier sérieux. Je dessinais bien et j'ai hésité un moment entre les beaux-arts et le théâtre. Mais comme j'avais commencé le théâtre et qu'on m'encourageait à continuer, c'est ce que j'ai fait.

 


1er mai 1956 : naissance à Paris

1970 : entre au Conservatoire

1974 : fonde la Cie du Chapeau Rouge

1980 : débuts au cinéma dans Mon Oncle d'Amérique (Resnais)

1982 : joue La Mouette dans une mise en scène de Peter Brook

1983 : Prix de la critique théâtrale pour C'était comment déjà ?

1997 : César de la meilleure actrice pour Un air de famille(Cédric Klapisch)

1999 : La Dilettante (Pascal Thomas)

2007 : Odette Toulemonde (Eric-Emmanuel Schmitt)

2011 : Coup d'Eclat(José Alcala)

2012 : retour au théâtre dans Oh les beaux jours de Samuel Beckett

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Vos derniers commentaires
15/04/2012 à 19h27

C'est notre Merryl Strep ... et c'est pas peu dire !

15/04/2012 à 15h35

56 ans dans 2 semaines !

15/04/2012 à 15h02

Riquier06, vous avez tout résumé chez Catherine Frot en quelques mots, j'aimerais vous rencontrer Madame Frot, je suis pas loin, je suis à Villefranche.....

15/04/2012 à 14h46

Quelle beauté, quelle classe, quel talent !

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