“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.

Je veux bien mais j'ai la freebox

Connectez-vous

pour sauvegarder mes filtres et personnaliser mon flux

continuer sa lecture

lire le journal

En arrivant ce dimanche à Monaco, Rémi Camus a bouclé son incroyable tour de Fra...

Comment ces villages se battent pour leur patrimoine (1/2). Ils misent sur le Lo...

VIDEO Cap-d'Ail fête son héros Didier Deschamps en présence de la coupe du Monde...

PHOTOS. Il détient plus de 4000 jouets en fer et souhaite créer un musée

Le Musée océanographique de Monaco a perdu la trace de la tortue Rana

PHOTOS. Il y a 20 ans, la France devenait championne du monde... et Nice chavirait de bonheur

Mis à jour le 13/07/2018 à 06:58 Publié le 13/07/2018 à 06:50
15.000, 20.000 ou peut-être plus sur la place Masséna de Nice.

15.000, 20.000 ou peut-être plus sur la place Masséna de Nice. Photo Nice-Matin

PHOTOS. Il y a 20 ans, la France devenait championne du monde... et Nice chavirait de bonheur

20 ans après la première victoire des Bleus en Coupe du monde, la rédaction ouvre sa boîte à souvenirs. Cette nuit-là, Nice chavirait de bonheur... Retrouvez ici les photos de François Vignola et Gérard Castex, avec le texte de Jean-François Roubaud, publiés dans l'édition du 13 juillet 1998.

Les Bleus ont avancé de deux jours la fête nationale. Devant l'écran géant de la place Masséna et partout en ville, ils étaient des dizaines de milliers pris dans une euphorie contagieuse. 

C'est net: le 14 Juillet est battu à plates coutures. La Libération est footballistique. Elle est indescriptible. Un long charivari de klaxons en délire. Une bronca monumentale sur la place Masséna où plus de vingt mille Niçois se sont massés, ramassés, pressés, compressés, dès 19 heures. Bonheur absolu dont la sublime victoire des Bleus d'Aimé Jacquet n'est qu'un prétexte. Ou presque. 

Drapeaux, perruques et rires étaient de sortie ce soir-là.
Drapeaux, perruques et rires étaient de sortie ce soir-là. Photo Nice-Matin

Tournée générale 

Ce soir, on s'aime. On se parle enfin. On se touche, on hurle à tue-tête une Marseillaise dont on ne connaît pas toujours les paroles... mais qu'après une telle nuit, on apprendra par coeur, c'est juré.

Le ballon rond au fond des filets, Manuel Petit qui transforme la victoire de la bande à Zizou en Bérézina brésilienne et c'est toute la ville qui s'habille, sur le coup de minuit, de bleu, blanc, rouge. 

Jamais pareille fiesta n'avait été tolérée dans le centre-ville. Cours Saleya, tout le monde ne paiera pas sa consommation lorsqu'au terme de près de cent minutes de suspense l'arbitre de ce France-brésil délivrera tout un peuple en mal de fête, de partage et de joie collective. Mais nul, parmi les patrons de bistrots et de resto, n'y trouvera à redire. 

Tournée générale au cours Saleya, à Nice.
Tournée générale au cours Saleya, à Nice. Photo Nice-Matin

La tournée est générale. Elle efface les exclusions. Elle bouleverse Jacques Peyrat qui, devant l'écran géant de la place Masséna, se lance dans une ola plus forte que lui. 

Pétards, cornes de brume au bord de l'asphyxie. On s'embrasse sans se connaître. Qu'on soit Niçois de souche, Breton "immigré" sur la Côte, beur, black ou de Blausasc, on se reconnaît. Tout le monde en tricolore, comme cette équipe de France qui est un empire de reconnaissance où les stars sont "Bleus" avant d'être guadeloupéenne comme Thuram, canaque comme Karembeu, ou argentine comme Trézéguet. 

Les supporters hurlent leur bonheur sur l'air de "Mais ils sont où, mais ils sont où les Brésiliens!"
Les supporters hurlent leur bonheur sur l'air de "Mais ils sont où, mais ils sont où les Brésiliens!" Photo Nice-Matin

"We are the champions" 

C'est beau parce que, place Masséna, cours Saleya comme au clos bouliste de Pessicart, une victoire historique pousse un choeur de ving mille personnes à reprendre d'une seule voix le "We are the Champions" des Queen. Parce qu'elle sonne l'heure d'un passé retrouvé, d'un temps où le soir venu on sortait sa chase devant le pas de sa porte pour se rencontrer, se raconter d'un perron à l'autre. 

Fous de joie, les supporters descendent l'avenue Jean-Médecin, à Nice.
Fous de joie, les supporters descendent l'avenue Jean-Médecin, à Nice. Photo Nice-Matin
Avertisseurs bloqués: la ronde automobile a duré jusqu'à plus de souffle, bien après minuit.
Avertisseurs bloqués: la ronde automobile a duré jusqu'à plus de souffle, bien après minuit. Photo Nice-Matin

On se dit, du coup, que la Coupe du Monde en France devrait être obligatoire. Pour qu'on se reparle enfin. Qu'on ose se laisser aller à être soi tous ensemble, à faire fi de toute pudeur sans avoir peur de ce satané "qu'en dira-t-on".

Comme Raymond, un ancien de RMC, qui, dans l'euphorie de la victoire au Mexican Café, avoue être allé consulter une voyante à Hyères: "C'est mon fils qui m'a parlé d'elle. Depuis trois mois, elle assurait avoir vu la France gagnante en finale contre le Brésil." 

Certains supporters se sentaient irrésistiblement portés vers le haut.
Certains supporters se sentaient irrésistiblement portés vers le haut. Photo Nice-Matin

Raymond, d'ailleurs, ne regrette pas d'avoir fait le voyage de Hyères. "Grâce à elle, j'ai gagné vingt francs en pariant avec un vieux copain. Elle s'était pourtant gourée sur le score, ma voyante! Son 2 à 1 pour la France s'est transformé en 3 à 0. Mais je ne lui en veux pas." 

Fatal: ce n'était pas l'argent qui faisait le bonheur, mais les Bleus. 


La suite du direct