Armés de boîtes en plastique ou de thermos, ils déjeunent dans les lieux publics. Faute de temps, par souci nutritif et pour cause budgétaire aussi
Sur une dalle ou un rocher, un banc, sur le plancher des bains de soleil ou sous des pergolas… Face à la mer, plage du Fossan, avenue Édouard VII en regardant une partie de tennis ou place de la Mairie. Ils sont de plus en plus nombreux à « casse-croûter » au plein air entre midi et deux.
Pas seulement un combo sandwich canette acheté au snack du coin et engouffré en quelques instants. Non, non, la gamelle, la vraie. Trois raisons à cela. Le timing, le budget, la nutrition.
Signe des temps, ce qui n'était jusque-là que l'apanage des ouvriers du BTP, avec leurs fameux paniers, tend à se populariser.
Une tendance
Près de l'esplanade Francis-Palmero, Naïm ne profite que d'une heure pour quitter son chantier sur la piétonne. « Sur place, on a le micro-ondes, ma mère n'habite pas loin de chez moi, alors elle me prépare mon repas », dit-il en profitant d'un rayon de soleil avant de piquer un somme.
Mode ou restriction budgétaire ? « Ce n'est pas encore un phénomène sur Menton car il n'y a pas une grande concentration de bureaux, mais c'est une tendance qui se confirme. Le snacking est en plein développement, note Jean Garcia-Bullon, le patron de la supérette U Express. D'ailleurs j'ai fait mettre les sandwichs à l'entrée du magasin. »
D'autres commerçants en ont fait autant, agrandissant les rayons ou les ouvrant sur la rue.
Pas toujours saine, l'habitude a aussi été prise de manger sur le pouce.
« Les actifs ont moins de temps pour déjeuner, c'est plus pratique et les finances expliquent aussi tout cela. Au supermarché, avec sept ou huit euros on s'en sort. Tandis qu'au restaurant, douze-quatorze euros, c'est le minimum », constate Jean Garcia-Bullon.
« Le restaurant c'est exceptionnel », confirmait l'équipe de chantier réunie plage du Fossan.
L'équilibre avant tout
Selon Chrystel Boyer, diététicienne entre Saint-Raphaël et Menton, certains salariés sont motivés par « la recherche d'un équilibre alimentaire. Or avec une formule du jour, on n'y est pas ».
Chantal, employée dans le centre-ville de Menton, le dit haut et fort, elle ne fait « pas confiance aux restaurants. C'est beaucoup plus sain que d'y manger. »Un thermos, des Tupperware avec des œufs durs, une salade, des fruits frais et deux copines :« ça fait des années » qu'elle retrouve Marie-Noëlle et Marie-Chantal au pied des terrasses de la Promenade du Soleil « sans complexe ».
Et, comme Naïm, cette quinquagénaire partage l'avis qu'avec un soleil pareil, « on aurait tort de s'en priver ».
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