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jeudi 24 juillet 2014

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Publié le  - 2
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Thierry Manni : « Mécaplast est en passe d'être sauvé »_1
« En 2007, le groupe était cliniquement mort », reconnaît Thierry Manni. Grâce au Fonds français de modernisation des équipementiers automobiles, aux banques et à l'État monégasque, il remonte, petit à petit, la pente.FRANZ CHAVAROCHE
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L'équipementier automobile qui emploie 166 personnes sur son site de production à Fontvieille a trouvé un second souffle grâce à un fonds français

« En 2007, avec la crise, on s'est trouvé face à une impasse », constate Thierry Manni, président du conseil d'administration de Mécaplast et administrateur-délégué. Pour l'équipementier automobile, qui emploie quelque 166 personnes dans l'usine de Fontvieille, il a fallu trouver des solutions pour sauver l'entreprise.

Aujourd'hui, Mécaplast remonte la pente, même si « les prévisions au second semestre sont plutôt négatives ».

Rencontre avec Thierry Manni, qui vient de succéder à son père au poste de président du conseil d'administration de Mécaplast et d'administrateur-délégué.

Comment avez-vous pu sortir d'une crise économique mondiale, ajoutée à une crise du secteur ?

« En 2007, le groupe était cliniquement mort. En août 2009, le Fonds de modernisation des équipementiers automobiles (FMEA) est entré au capital à hauteur de 55 ME, soit 33 %. Les banques et l'État monégasque nous ont également soutenus. Le gouvernement a permis des allégements de charges - environ 5 ME -, une baisse des charges locatives... Il a été très réactif. »

Avez-vous réellement cédé un tiers de l'entreprise familiale ?

« Le FMEA a prêté de l'argent. Nous devons rembourser ces 55 millions d'euros d'ici à 2015. »

Aujourd'hui, avez-vous remonté la pente ?

« Mécaplast est en passe d'être sauvé. Mais on est, je pense, au milieu de la crise. Les volumes repartent, mais les prévisions du second semestre ne sont pas très bonnes. Nous vivons à la merci des volumes des constructeurs. »

Avez-vous licencié ?

« À Monaco, non. À l'étranger, 960 personnes ont quitté le groupe Mécaplast. Il s'agit de départs volontaires, de plans sociaux et de cession de site. Nous avons eu entre cent cinquante et deux cents démissions : beaucoup de gens quittent le secteur. »

Un vrai coup dur pour les salariés...

« Nous avons été contraints de geler les salaires, les primes et autres bonus. Un plan de rigueur drastique a également été mis en place et nous a permis d'économiser plusieurs millions d'euros. »

La rigueur pour tous, jusqu'en haut de l'échelle ?

« Absolument. Nous voyageons tous en classe éco, par exemple, lorsque nous devons prendre l'avion. On se doit d'avoir une attitude exemplaire. Tout le monde doit faire des efforts. »

De quoi miner le moral des salariés ?

« On a malheureusement, aujourd'hui, trop de personnel en France. Nous avons fermé deux sites : Saint-Lupicin, il y a quatre ans, et Le Mans. L'usine de Reims a, quant à elle, été cédée. »

Comment réagissez-vous aux grèves ?

« J'étais probablement d'accord avec leur revendication. Mais, si on est obligé de licencier, ce n'est pas par plaisir. »

Votre nouvelle implantation en Inde est-elle une délocalisation ?

« Non. Nous avons pris deux très gros marchés locaux. Le chiffre d'affaires, aujourd'hui de 5 millions d'euros, devrait passer à 15 millions d'euros en 2013. Le nombre de salariés doit ainsi passer de quarante à cent. »

Pourquoi poursuivez-vous les investissements en Asie alors que vous êtes en peine ici ?

« Notre force a toujours été notre développement à l'international. Le marché indien rapporte. L'avenir, ce n'est pas la France. »

Et l'avenir à Monaco ?

« Alors que nous étions au coeur de la tourmente, l'embauche de Christine Bénard au poste de directrice générale a été un bon choix. Elle a débarqué sur un bateau en pleine tempête et a su apporter une nouvelle impulsion, influer une vraie dynamique. Il a fallu réorganiser les équipes.

Personne n'oublie, ici, que Monaco représente l'histoire de Mécaplast, fondé par mon père - un homme qui continue à consacrer sa vie à l'entreprise. Ici, nous sommes à cheval sur le maintien de l'emploi. »

 

De père en fils

À 42 ans, Thierry Manni vient d'être nommé président du conseil d'administration de Mécaplast et administrateur-délégué. Il succède ainsi à son père, Charles Manni, 84 ans, nommé président d'honneur, et cofondateur de Mécaplast, avec cinq personnes, en 1955.

En un demi-siècle, Charles Manni a permis de construire un groupe qui pèse aujourd'hui 570 millions d'euros de chiffre d'affaires. Au total, 5 800 collaborateurs sont implantés dans quatorze pays afin de servir les marchés automobiles à travers le monde.

 

« Dans l'atelier, c'est tous des copains »

Thierry Manni a tout de même dix-neuf ans de maison. « J'ai commencé en stage, dans la chaîne de production. Pour mon père, c'était important. » Aujourd'hui, à 42 ans, il peut affirmer : « Dans l'atelier, c'est tous des copains. »

En face des bureaux d'étude, Thierry Manni traverse le boulevard Albert II et entre dans l'usine. Frank Rivard, son directeur depuis huit ans, le salue. Petite visite guidée.

« Ici, on travaille en 8 x 8. Ce ne sont pas toujours les mêmes qui travaillent la nuit. Les plannings tournent. » Parmi les 166 salariés, 58 femmes, dont 47 opératrices de montage. Elles viennent souvent d'Italie comme Verbicaro et sont, bien souvent, fidèles à Mécaplast depuis de nombreuses années. Ainsi, Thi-Phung, d'origine vietnamienne, oeuvre pour la famille Manni « depuis vingt-trois ans ».

« Ici, il y a peu de turnover », souligne Thierry Manni, qui serre les mains fraternellement. « Je pense que c'est bien d'avoir un site de production à proximité de nos bureaux. L'usine, c'est le coeur du métier. Et c'est ici que tout a commencé. »

 

3 000 m2 en Inde

Mécaplast a inauguré, le 3 juin, son premier site de production en Inde, à Chennai.

Située à Mahindra World City, à proximité de Ford, Renault-Nissan, BMW et Hyundai, l'usine a une superficie de 3 000 m².

Mecaplast India répond à la demande de production de pièces plastiques moteur et carrosserie pour le marché. « Le marché Indien est un marché en pleine croissance, souligne Thierry Manni, président de Mécaplast. Il est, aujourd'hui, l'un de nos axes majeurs de développement. »

Avec les nouveaux marchés en perspective, le site de Chennai devrait voir doubler son chiffre d'affaires dans les deux ans à venir.

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Vos derniers commentaires
19/07/2010 à 16h14

Parce que dans certains services, c'est glandouille et compagnie, ça se repomponne toute la journée, quand ca se tire pas dans les pattes... Tu m'étonnes qu'il y a ait des problèmes

15/07/2010 à 13h51

« Dans l'atelier, c'est tous des copains. ». Vraiment?