"Rien ne justifie que la constitution soit révisée ou même fasse l’objet d’une quelconque discussion. " Photo Cyril Didergny

Le prince Albert affirme que le peuple monégasque peut compter sur sa "détermination" à défendre les institutions

Le souverain est revenu sur l'élection de Stéphane Valéri au Conseil national et sur sa détermination à défendre les institutions monégasques.

Comment analysez-vous le résultat des élections nationales et le plébiscite pour la liste Priorité Monaco?

Je suis toujours la vie politique du pays avec la plus grande attention, même si je me garde bien de m’immiscer dans la campagne. Le résultat de cette élection était prévisible. Stéphane Valeri est un homme politique d’expérience et sait mobiliser les électeurs. Il connaît très bien le paysage politique monégasque et a été conseiller national à plusieurs reprises et même son président.

Je n’ai donc pas été surpris par son élection. Je me réjouis aussi que beaucoup de jeunes se soient engagés dans les trois listes. Cela montre la volonté de la jeunesse de s’investir dans la vie du pays.

Stéphane Valeri revendique un Conseil national fort, capable de bousculer les institutions…

Que veut dire, vraiment, un Conseil national fort? Une assemblée qui a un débat constructif avec le gouvernement? Qui veut imposer son point de vue? Si tout le monde joue son rôle et participe à un débat constructif, il n’y a pas besoin d’avoir un Conseil national fort ou faible.

L’enjeu est de débattre avec un esprit positif sur les sujets qui le méritent. Il n’y a aucun intérêt à engager une opposition systématique à l’action du gouvernement dont je détermine les grandes orientations pour le bien de la population.

Ce débat vous inquiète?

La Constitution de 1962, révisée en 2002, garantit les équilibres subtils qui font la singularité de notre système. Il a fait ses preuves, l’alternance au Conseil national fonctionne et les fondamentaux demeurent. Cette stabilité est la garantie de la prospérité économique actuelle et de l’efficacité de notre modèle social. Les Monégasques le savent.

Stéphane Valeri connaît très bien les principes qui régissent nos institutions. Je suis certain qu’il les respectera. Tout le monde peut compter sur ma détermination à défendre les institutions pour qu’elles ne soient pas détournées, comme l’ont fait mon père et mes ancêtres. Rien ne justifie qu’elle soit révisée ou même fasse l’objet d’une quelconque discussion. 

Comment expliquez-vous ce débat?

Nous étions dans une logique de campagne, où les candidats aiment faire des annonces et des effets de manche, pour susciter un débat et une adhésion. Dans ma conversation avec Stéphane Valeri, que j’ai reçu au Palais dernièrement, j’ai eu le sentiment d’avoir face à moi une personne raisonnable, qui a exprimé alors un grand respect des institutions. Il veut participer activement à l’échange d’idées, ce qui est tout à fait compréhensible et souhaitable.

Le chef de votre gouvernement n’a pas été épargné par la liste Primo…

Là encore, je considère que cela faisait partie d’une rhétorique de campagne et que la réalité de la situation et la raison l’emporteront.