Prise en flagrant délit en train de consommer de la cocaïne, elle écope de huit jours de prison ferme

C'est une jeune fille qui a tout juste vingt ans. Cette Française résidant en Principauté a été prise en flagrant délit, dans la soirée du mercredi 24 mai, dans les toilettes de l'hôtel Méridien Beach Plaza. Elle s'envoyait un rail de cocaïne...

Bonne pioche pour les policiers! Ils avaient remarqué la présence, sur le territoire monégasque, d'un jeune homme bien connu pour se livrer à la vente de stupéfiants. Le dealer allait leur servir d'appât!

Les inspecteurs le suivent discrètement. Ils le voient pénétrer dans le palace de l'avenue Princesse-Grace et se diriger vers les toilettes.

"C'est la troisième fois que je consomme de la drogue"

Quand les fonctionnaires poussent la porte, la demoiselle renifle. Au cours de sa fouille, ils découvriront deux pochons vides et 1,5g de "neige". L'exploitation des téléphones portables n'apportera aucune information supplémentaire.

"Au cours de votre interrogatoire à la Sûreté publique, détaille le président Florestan Bellinzona, vous affirmiez que cet ami vous avait fourni la cocaïne. Auditionné, il nie toute prise de stupéfiants. Vous changez de version. Vous avez acheté la poudre blanche la veille, auprès d'un inconnu sur la darse sud du port Hercule pour 80 euros. Pourquoi tergiverser?" 

Les larmes de la détenue commencent à couler… "J'avais peur. J'étais stressée. Je ne savais pas… C'est la troisième fois que je consomme de la drogue." Le magistrat cherche à savoir d'où vient l'argent. "De petits boulots. Je suis serveuse."

"Elle ment visiblement avec cynisme"

Pour le président, "il y a certainement une ou deux déclarations où vous mentez…" Cette procédure suivie de vingt-quatre heures de détention, pousse le procureur général adjoint Hervé Poinot à émettre un vœu chargé d'espoir. "Que cette jeune fille réfléchisse sur le danger qui l'attend. Elle se drogue afin de faire la fête. On a l'impression du désœuvrement avec un certain goût pour les mirages. Elle ment visiblement avec cynisme! Elle se moque des policiers et du tribunal. Sa faculté à tout accepter est inquiétante. Son casier va grever sa perspective d'emploi en Principauté." Il sera requis trois mois d'emprisonnement assortis du sursis, avec une liberté d'épreuve afin de suivre des soins.

La défense mettra l'accent sur le caractère inapproprié de la peine réclamée en raison de la procédure de divorce de ses parents. "Ma cliente se cherche, doute, clame l'avocat Stephan Pastor. Pourquoi va-t-elle vers l'interdit? Pour oublier son mal-être. Oui, elle a pris de la coke pour s'évader. Elle ne se moque de personne: elle souffre! Ce n'est pas une dealeuse. Ne l'accablez pas pour cette grosse erreur de parcours. Aidez-la à se sortir de ce passage difficile de sa vie. C'est la première fois! C'est la dernière!"

La prévenue a beau faire amende honorable d'un tort, la réparation n'inclinera pas les juges à la clémence: la jeune fille sera condamnée à huit jours de prison ferme.