La victime du chien était un chihuahua. Photo Pixabay

Elle reste impassible devant les attaques de son chien, 1.000 euros d'amende

Tel maître, tel chien? Ce cas de mimétisme a pris tout son sens avec l'affaire évoquée devant le tribunal correctionnel de Monaco. Il était question d'un chien hargneux, agressif, non tenu en laisse.

Propriété d'une musicologue monégasque androgyne, le quadrupède avait ses têtes: il détestait particulièrement un chihuahua et son maître en infligeant des morsures à l'un comme à l'autre à l'occasion de deux rencontres fortuites.

"Pourquoi n'avez-vous pas retenu votre animal, alors qu'il mordait une première fois la victime, puis, quelques mois plus tard, son petit chien?", réclame avec insistance le président Florestan Bellinzona.

La prévenue, mince quinquagénaire, estime que son cabot n'aime pas cette race minuscule. "Mais s'il a pu l'attaquer, c'est à cause de la laisse qui m'a échappé des mains!" Le magistrat goguenard: "C'est donc la faute du chihuahua. Ce n'est pas sans raison si la loi oblige à tenir les chiens en laisse…"

"Comme Madame n'est pas en mesure de le maîtriser…"

La partie civile ne mâche pas ses mots. "Au cours des sorties, cet animal n'est jamais tenu en laisse. Depuis qu'il m'a mordu, ma main tremble toujours. Et la seconde fois, j'ai juste eu le temps de prendre mon petit chien dans les bras. C'est du harcèlement." Il est réclamé 1.000 euros pour le plaignant et 1.000 euros pour le toutou.

Avec beaucoup de justesse, le procureur Alexia Brianti considère que "tout animal est imprévisible. Alors, non tenu en laisse, il aurait pu mordre un enfant. Ce quadrupède représente un danger. C'est grave de ne pas l'avoir retenu: il a attrapé l'arrière-train du chien de la victime. Comme Madame n'est pas en mesure de le maîtriser, mettez fin à de tels comportements avec 1.000 euros d'amende."

Pour la défense, ce n'est pas l'affaire du siècle. "Soyez clément, reprend l'avocat Thomas Brezzo. À sacraliser l'animal on en a oublié le code humain. L'inimitié entre les chiens s'est propagée aux maîtres et on est incapable de dialoguer. C'est dommage! On peut s'interroger sur l'agressivité concernant la victime…"

Le tribunal, cuirassé contre ces passions canines, sanctionnera les infractions par une peine de 500 euros et le versement d'une somme identique à la partie civile. Finalement, à quel point la ressemblance entre un maître et son chien peut être flagrante!