Le tribunal de Monaco. Photo Jean-François Ottonello

Elle avait soutiré 180.000€ à son employeur à Monaco, trois mois ferme pour la femme de ménage voleuse

Trois mois de prison ferme et obligation de rembourser à la partie civile la somme de 208.180 €! Telle est la décision du tribunal correctionnel concernant une affaire d’escroquerie mise en délibéré.

Le lourd dossier mettait en cause une femme de ménage malgache, aujourd’hui sans profession. La justice lui reprochait d’avoir soutiré 180.800€ sur le compte bancaire de son employeur, sans jamais éveiller le moindre soupçon, à partir d’avril 2014.
Comment est-ce possible? De deux manières!

La première: après la découverte des cartes bancaires et codes dissimulés dans un tiroir, elle retirait des espèces dans les distributeurs pour un total de 40.800 €. La seconde: la falsification des chèques de remboursement des achats effectués pour son patron. Si elle avait dépensé 200 € par exemple, avant d’endosser la formule, elle rajoutait le chiffre 1 devant le nombre et le mot mille devant le montant en lettres. Soit un débit de 140.000 €.

Au-delà de la peine requise

À l’audience, pressée de questions par la présidente Magali Ghenassia, l’ex-domestique reconnaissait plusieurs opérations par semaine, pour des montants de 250 € à 300 €. "L’argent me permettait d’aider ma famille restée à Madagascar et m’assurait également un train de vie confortable. Je regrette…"

Sans état d’âme, Me Christophe Sosso, pour la partie civile, réclamera le remboursement intégral des sommes détournées, plus un supplément pour le préjudice moral. Soit un total de quelque 250.000 €.

"On a retrouvé une comptabilité précise des retraits effectués, rajoutera le procureur Alexia Brianti, afin d’acheter parfums et alcools pour alimenter une sorte de trafic avec la Grande Île. Cette femme a profité de s’enrichir indûment." Six à huit mois d’emprisonnement assortis du sursis, placement sous la liberté d’épreuve et obligation de rembourser seront requis.

"Ma cliente croyait son employeur au courant"

La défense évoquera la perplexité de l’affaire. "Comment peut-on berner son monde aussi longtemps? argumente Me Pierre-Anne Noghès-Dumonceau. Ma cliente croyait son employeur au courant. Pouvait-il ignorer véritablement les milliers d’euros débités sur ses relevés? Il n’est pas acceptable de réclamer pareil préjudice quand on estime le montant du détournement à la louche…"