L'attaquant Monégasque Kylian MBAPPE N29. Photo Cyril Dodergny

Juventus Turin - Monaco: l'immense défi

Battus (2-0) à l’aller par la Juve, les Monégasques sont condamnés à l’exploit - même au miracle - ce soir à Turin s’ils veulent voir Cardiff un jour de finale.

Cela ressemble à un décor de rêve: ce Juventus Stadium éblouissant et assourdissant, cette Vieille Dame toujours aussi fringante et une équipe monégasque "débarrassée" des tâches domestiques et animée par l’envie de créer l’un des plus grands exploits du football français.

Puni à l’aller de ses rares errements, Monaco n’a plus rien à perdre. Il ne doit rien craindre de ce match, mais tout simplement profiter du moment, de l’atmosphère si singulière d’un tel rendez-vous, en se rappelant de tout ce qu’il a fallu faire pour en arriver jusque-là, dans le dernier carré de la Ligue des champions.

Cela n’avait plus été le cas pour un club français depuis Lyon, en 2010. Leonardo Jardim n’est d’ailleurs jamais le dernier pour le rappeler. Il aurait tort de s’en priver, lui qui a déjà fait mieux que tous les entraîneurs passés sur le banc du PSG depuis l’arrivée des Qataris, à savoir Carlo Ancelotti, Laurent Blanc et Unai Emery, rien que ça…

Mieux, le technicien est en passe d’offrir un titre de champion au club princier, le premier depuis dix-sept ans. Après cela, il pourrait partir l’esprit tranquille, avec l’ambition d’aller décrocher un juteux contrat en Angleterre (Arsenal?), ou ailleurs.

En attendant, il retrouve Turin, deux ans après un quart de finale fâcheux qui avait toutefois fait grimper sa cote en flèche.

Des stats qui font peur

Pour l’ASM, c’est un jour à écrire l’histoire, ou plutôt la rendre encore plus belle. Car, depuis fin juillet, et ce premier tour contre Fenerbahçe, elle traverse sa saison en renversant des montagnes. Celle qui se présente, ce soir, est sans doute la plus haute, la plus périlleuse, la plus belle à gravir aussi.

La Juventus, c’est une mécanique parfaitement huilée, une science de la défense toujours inégalée et un gardien de 39 ans qui s’est inspiré de Benjamin Button. C’est seulement deux buts encaissés en C1 cette saison, dix heures d’invincibilité de suite et 8 défaites en 155 matchs depuis qu’elle a migré du côté du Juventus Stadium, en 2011. Enfin, c’est une équipe qui n’a jamais vu un club français la sortir d’une Coupe d’Europe.

Pour y croire,Monaco ne doit surtout pas se pencher sur les chiffres, mais plutôt se rappeler de tout ce qui a fait sa force cette saison. Ça tombe bien, l’ASM n’a jamais fait dans le calcul. Elle a attaqué, attaqué et encore attaqué dans des proportions souvent irréelles.

Lors de 27 rencontres cette saison (sur 59), elle a inscrit trois buts, au minimum, soit le tarif qu’elle doit infliger à la Juve pour s’ouvrir les portes d’une finale à Cardiff. Ça semble impossible, infaisable et irréel, mais après tout, pourquoi pas?

Quelques minutes après la défaite de l’aller, Leonardo Jardim avait incité ses joueurs à croire en leur "remontada". Lundi, il les a invités "à garder la tête froide". "Je suis très fier d’eux", a-t-il ajouté.

La France du football l’est tout autant, à l’image des ovations que reçoit Kylian Mbappé chaque weekend sur les pelouses de Ligue 1. Dans le sillage de son phénomène, c’est tout Monaco qui rêve en grand.