Stade Louis-II Photo archives Michaël Alesi

Un stadier lui refuse l'entrée de la tribune, il lui met un coup de tête

Un supporter "Ultra" de l'AS Monaco en possession d'un billet ne correspondant pas à son placement, n'a pas supporté que le stadier du Louis II lui refuse l'entrée de la tribune et le cogne.

Un incident a éclaté avant le match opposant l'AS Monaco à la Juventus de Turin, le mercredi 3 mai, vers 20h30, devant le stade Louis-II. Un supporter "Ultra" de l'ASM s'est vu refuser l'entrée de la tribune où il s'est présenté: il n'avait pas le billet correspondant à son placement.

Dès lors, le stadier va essuyer l'irascibilité du partisan de l'équipe monégasque. Après une brève algarade, cet énergumène donne un coup de boule à l'agent chargé du contrôle d'accès pour la rencontre de football.

Ce dernier réagit aussitôt par un coup de poing au visage. Les policiers de faction pour la rencontre interviennent pour séparer les deux adversaires avec un rapide contrôle. Très vite, le provocateur profite de l'instant d'égarement pour pénétrer quand même dans l'enceinte sportive.

A la suite d'une plainte déposée par le plaignant, le résident mentonnais de 25 ans est interpellé à sa sortie du stade, placé en garde à vue et il a comparu devant le tribunal correctionnel selon la procédure de flagrant délit.

Dans le box, le prévenu est anxieux et ne cherche pas à minimiser sa responsabilité quand le président Florestan Bellinzona l'interroge sur son attitude. "Repoussé physiquement par le stadier, je lui ai donné un coup de tête. Je regrette mon geste et je m'excuse…"

"Je lui ai donné un coup de tête. Je regrette mon geste"

Pour le magistrat, "la victime faisait simplement son travail et ça ne justifiait pas que vous répliquiez par un coup de boule. Vous êtes peu tolérant à la frustration, car vous vous énervez à la simple demande de rentrer par le fût concerné par votre billet." 

Le stadier, présent, n'a pas souhaité se constituer partie civile. Il a laissé "à la justice le soin de faire son travail".

Après un rappel des faits, il était requis par le procureur, Cyrielle Colle, quinze jours de prison ferme: "Le stadier était là pour assurer la propre sécurité du coupable. Or, souvent, le nombre de supporters supérieur à la capacité d'accueil dans les tribunes a été à l'origine de mouvements de foules meurtriers dans le passé et notamment en Angleterre. Le stade doit rester un lieu de fête au sein duquel de tels agissements ne peuvent être tolérés mais sévèrement réprimés."

La peine est disproportionnée pour l'avocat Thomas Brezzo. "Certes, la réaction de mon client l'est également. Mais au début, le plaignant n'a pas déposé plainte. Il a changé d'avis ensuite. Si le prévenu a été interdit de stade en 2012 pour avoir introduit un fumigène, il n'a jamais recommencé! Cela démontre sa capacité de renouveler ses erreurs. Préférez une sanction avec sursis. La prison ferme obèrerait son avenir professionnel." Les juges condamneront le supporter à 8 jours de prison ferme.