Le tribunal de Monaco. Photo Cyril Dodergny

Ivre au volant, le PDG d'un grand laboratoire de produits diététiques insulte et blesse des policiers

L'intention était louable : célébrer la Journée mondiale de la femme avec une collaboratrice ! Mais quand les libations supplantent la commémoration de l'événement, les ennuis arrivent vite… Surtout si l'on prend sa voiture pour raccompagner l'invitée.

C'est la mésaventure contée au tribunal correctionnel avec la comparution, menottée, du PDG d'un grand laboratoire international de produits diététiques, pour conduite en état d'ivresse suivie d'outrages et blessures à agents de la force publique.

Les juges ont condamné le prévenu à une peine de deux mois d'emprisonnement ferme et deux amendes de 800 et 500 euros.

Trois fois en état d'ivresse

Ainsi, jeudi dernier, dès potron-minet, ce résident belge heurte violemment une jardinière au niveau de la crèche des Eucalyptus, sur l'avenue des Castelans, à Fontvieille. Au point de déclencher les airbags de son imposante Porsche Cayenne.

Les services de secours accourent. Plus de peur que de mal. Mais le conducteur est ivre avec un taux d'alcool de 0,85 mg/l.

Par prudence, on l'invite à monter dans l'ambulance avec la passagère. À cet instant, il se rebelle et donne des coups de pied. Les policiers devront utiliser la force pour le maîtriser. Au CHPG, il est carrément insolent.

Une fois dégrisé, le chef d'entreprise nie les outrages et violences. Il reconnaîtra cependant l'ensemble des faits reprochés devant le procureur général.

« Ce n'est pas votre première condamnation, lance le président Florestan Bellinzona à l'audience. C'est la troisième fois et toujours pour conduite en état d'ivresse et outrages. Avez-vous des problèmes avec les autorités ? »

Le coupable répond négativement et s'excuse d'avoir eu pareille attitude envers les policiers présents dans le prétoire. Il est calme, posé et ses propos sont modérés. On a peine à croire à la désinvolture décrite auparavant par les témoins tellement ce personnage apparaît respectueux.

Conseil des parties civiles, Me Hervé Campana mettra justement l'accent sur le traitement déférent des deux agents « afin de conduire ce personnage au centre hospitalier sans lui imposer le port contraignant des menottes. Grâce à leur professionnalisme, la sécurité du prévenu a été garantie. Il n'en demeure pas moins que blessures et insultes méritent réparation. Nous réclamons respectivement le versement de 800 euros et 1 000 euros. »

Deux mois de prison

Le cumul des infractions et des mentions sur le casier judiciaire est préoccupant pour le procureur général Jacques Dorémieux. « Le niveau intellectuel du prévenu devait le conduire à une retenue certaine. » Une peine de deux mois d'emprisonnement et une amende de 2 000 euros seront requises.

La défense invoquera stress et angoisse pour motiver la réaction de son client. « Ce docteur a des problèmes psychologiques, affirme Me Pierre-Anne Noghès-du Monceau. Une injonction de soins serait bienvenue. J'espère votre clémence, car de la prison ferme serait problématique pour ce dirigeant d'entreprise qui gère une centaine de scientifiques et employés dans ses sociétés. »

Le tribunal préférera suivre les réquisitions du ministère public.

Sans l'amende ! L'avocate réfléchit à un éventuel appel.