Jean-Michel Rapaire, Eric Elena et Etienne Ruzic du parti Renaissance Photo L.M.

Un parti politique veut dépénaliser l'avortement à Monaco

Eric Elena, seul élu du parti politique Renaissance, va déposer une proposition de loi de dépénalisation de l'avortement ces jours-ci, comme mentionné dans leur programme lors des dernières élections en 2013.

"Une femme à Monaco qui veut se faire avorter, et nous savons combien c’est une décision difficile à prendre, est obligée de commettre un acte de délinquance. Et pourtant c’est de l’ordre du droit humain" ont déclaré de concert, ce lundi, Eric Elena, Etienne Ruzic et Jean-Michel Rapaire du parti politique Renaissance.

PROMESSE TENUE

L'article 248 du Code pénal monégasque, remplacé par la loi 1369 de 2009, dispose qu'une femme qui avorte, ou souhaite avorter est passible de six mois à trois ans de prison et d'une amende de 9.000 à 18.000 euros. Et "Quiconque, par quelque moyen que ce soit, aura procuré ou tenté de procurer l’avortement à une femme enceinte qu’elle y ait consenti ou non, sera puni d’un emprisonnement d’un à cinq ans", et de la même amende. Seuls motifs d'avortement acceptables au regard de la loi: la grossesse consécutive à un viol, ou un risque élevé pour la santé de la mère ou du fœtus.

"Nous vous informons que mardi 3 octobre, Renaissance, par Eric Elena déposera, la proposition de loi sur la dépénalisation de l’avortement sur le bureau du Secrétaire Général du Conseil National. Renaissance aura tenu ses engagements" ont poursuivi les membres du parti, signifiant qu'ils appliquaient le programme qu'ils avaient présenté en 2013.

"METTRE FIN À L'HYPOCRISIE"

Dans les faits, les sanctions sont rarement appliquées. "Aujourd'hui, si une femme monégasque doit se faire avorter, elle va à Nice. Il est temps de mettre fin à l'hypocrisie", a martelé Eric Elena.

En 2016, 68 pays interdisaient encore l'avortement, dont seulement cinq en Europe.