VIDÉO. Dans les coulisses des Ballets de Monte-Carlo

La compagnie de la Principauté prépare une (presque) nouvelle pièce, et nous a accueillis pendant les préparatifs. C'est un futur classique qui est en train de naître dans l'Atelier des Ballets de Monte-Carlo. La première sera donnée ce jeudi soir au Grimaldi Forum.

Comme chaque année, les Ballets de Monte-Carlo préparent la pièce qu'ils danseront pendant les fêtes.

Pour saluer dignement 2017, c'est La mégère apprivoisée qu'ils vont danser. Ce nom vous dit quelque chose ? C'est normal. D'abord c'est une œuvre de Shakespeare. Ensuite, ce n'est pas tout à fait une première qui aura lieu ce jeudi soir, et jusqu'au 5 janvier. Ou plutôt, c'est bien plus qu'une première. La Mégère est une pièce créée en 2014 par Jean-Christophe Maillot, le chorégraphe et directeur des Ballets. Mais il l'a créée pour le Bolchoï de Moscou, qui disposait d'une licence limitée dans le temps pour l'exploiter. C'était la première fois qu'il créait une pièce pour une autre compagnie que la sienne, depuis qu'il s'est installé à Monaco il y a 25 ans.

Alchimie

Et il l'a récupérée. Jamais homme n'a été si heureux de récupérer une mégère, on peut en être sûr. Il le confiait d'ailleurs dans nos colonnes en début de saison, évoquant son besoin de retravailler cette mégère pour « l'adapter aux chaussons de ceux qui connaissent son travail comme personne », c'est-à-dire sa propre compagnie.

La semaine dernière, les répétitions se sont enchaînées à un rythme soutenu. Dans les couloirs de l'Atelier, où travaillent les ballets, des dizaines de jeunes gens sculpturaux s'agitent avec de drôles de moonboots aux pieds. « C'est pour garder la chaleur et ne pas trop refroidir après s'être échauffé » confie un danseur. Ils s'élancent, sautillent ou sautent franchement telles des antilopes. Ils tournent et virent comme vous et moi marchons. Et sur les partitions flamboyantes de Chostakovitch, ils offrent un spectacle saisissant.

Magie

Ils répètent inlassablement les mêmes scènes depuis des jours et des jours. Mais aujourd'hui le miracle se produit. Jean-Christophe Maillot a le sourire d'un gamin qui sait qu'il y a ce qu'il veut sous l'arbre de Noël : « Vous tombez le premier jour où le résultat m'excite vraiment. C'est la première fois que je sens qu'on a trouvé ce qu'on cherche. La chimie est en train de prendre. Il y a encore beaucoup d'erreurs, mais l'ensemble est très cohérent. Entre eux c'est cohérent. Là, c'est comme si j'avais regardé un film, je suis vraiment rentré dedans. J'arrive à obtenir ce que je cherchais. Les danseurs du Bolchoï ne me manquent pas du tout. Mes danseurs le portent exactement comme j'attendais. Ça leur colle à la peau. On va vraiment pouvoir faire vivre cette pièce et la tourner. »

Et elle va probablement beaucoup tourner, puisque cette Mégère a déjà été récompensée plusieurs fois, et elle a été présentée à Londres et à New York, et dans les salles de cinéma.

Il reste encore quelques places pour aller voir ce qui promet d'être la nouvelle grande référence des Ballets de Monte-Carlo.

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