Les Carabiniers du prince seront à l'honneur lors de la Fête nationale. Photo Jean-François Ottonello

Carabiniers du prince de Monaco: retour sur 200 ans d'histoire

Le corps des Carabiniers du prince fête cette année son bicentenaire. Pour l'événement, le prince Albert II a décidé, à la fin de l'été, de se laisser pousser la moustache, en hommage. Le Comité des traditions monégasques revient ici sur les 200 ans d'histoire des carabiniers de Monaco, qui seront célébrés ce dimanche pendant la Fête nationale.

Un mois après la signature du traité de Stupinigi qui, au terme de négociations longues et difficiles, limitait la souveraineté du prince de Monaco et transformait la protection piémontaise en véritable protectorat, le 8 décembre 1817 le prince héréditaire Honoré, futur Prince Honoré V, promulguait l’ordonnance qui créait le "corps des Carabiniers du Prince" en remplacement de la Garde de Police.

Au début, les Carabiniers sont chargés, sous les ordres de leurs chefs, de faire exécuter les règlements de police militaire et civile et de veiller à la sûreté des villes et des routes de la Principauté. Cette garde sera commandée par le sous-gouverneur de Menton avec deux capitaines dont l’un résidera à Monaco et l’autre à Menton.

des "gardes du prince" aux "carabiniers"

Les premiers capitaines des Carabiniers, nommés le 9 décembre 1817, ont été Eugène Gastaldi pour Monaco et Antoine Bellando pour Menton.

Depuis décembre 1817, le corps des Carabiniers du Prince va connaître de nombreuses réorganisations mais toujours chargé de veiller à la sûreté publique, au maintien de l’ordre et à l’exécution des lois. Elle n’assure pas encore la "Garde personnelle du Prince". Celle-ci est assurée par différentes compagnies de gardes et prendra le nom de "Garde du Prince" en 1870.

Les "Papalins"

Charles III tenait à ce que cette nouvelle troupe ne soit composée que de soldats français, commandés par des officiers français. Mais le 19 juillet 1870, la France déclare la guerre à la Prusse. Les gardes faisant partie de la réserve sont rappelés et il devient vite urgent, la compagnie étant réduite à 29 hommes, de trouver un moyen de recruter de nouveaux soldats.

La prise de Rome entraînant la dissolution de l’armée pontificale, on eut l’idée d’engager ces troupes qui avaient été débarquées à Toulon. C’est ainsi que la garde sera composée de soldats français et italiens auxquels le langage populaire donnera le nom de "Papalins".

Le 26 janvier 1904, le prince Albert Ier signe une ordonnance sanctionnant la dissolution de la Compagnie des Gardes. Le prince confie alors la garde du palais et de sa famille aux carabiniers. L’ordonnance spécifiait que "le service fait par la Compagnie des Gardes serait exécuté dorénavant par la Compagnie des Carabiniers qui prendrait la dénomination de Compagnie des Carabiniers du Prince".

"Honneur, Fidélité, Dévouement"

Les Carabiniers du Prince ont pour mission d’assurer la garde du Palais et de veiller à la sécurité de Son Altesse Sérénissime le prince souverain et de la famille princière mais aussi de veiller à l’exécution des lois et de participer au maintien de l’ordre public. Actuellement son effectif est de trois officiers, 19 sous-officiers et 97 hommes du rang.

Sa devise est "Honneur, Fidélité, Dévouement". La dernière volonté du prince Rainier III de confier aux carabiniers l’honneur de porter son cercueil (habituellement réservé aux pénitents de la Vénérable Archiconfrérie de la Miséricorde).

Et plus récemment la nomination dans l’Ordre des Grimaldi, par le prince souverain Albert II, de l’Orchestre de la Compagnie des Carabiniers, à l’occasion de son cinquantième anniversaire, en récompense de sa contribution au prestige et au rayonnement de la Principauté, témoignent de l’attachement profond des Princes de Monaco envers ses carabiniers.